CHANTIERS NOMADES — Le film Choral - Comment construire et défendre un personnage dans sa relation aux autres – Stéphane Vuillet & Jacques Gamblin

Mots-clés associés : Intermittents artistes hors musiciens - perfectionnement

Construire avec justesse, dans un cadre cinématographique, des situations et des personnages du film choral

Informations générales

Identification du stage

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• Comédiens, scénographes, dramaturges, metteurs en scène professionnels pouvant justifier de deux ans d’expérience

:

2 ans d’expérience professionnelle

:

Compétence visée :
Construire ou perfectionner son propre processus de travail concernant la direction d’acteur.

Objectifs du stage :
• Consolider son processus de direction d’acteur, en le confrontant aux regards et aux réflexions du groupe
• Maîtriser dans son travail une série de rapports et de mises en tension (soi et le texte, soi et le comédien, soi et l’espace, etc…)
• Trouver sa méthodologie de prise en charge de ses intuitions.
• Acquérir une autonomie dans sa réflexion sur l’acteur.
• Savoir porter un regard critique et constructif sur les expériences en cours, que ce soit son propre travail ou celui des autres.

  • Du 01/10/2019 au 18/10/2019
    Réf. Afdas : 1940039

105h (15 jours - 35.0h/semaine - 3 jours d'interruption)
PERNAND VERGELESSES (Bourgogne-Franche-Comté)
12 stagiaires


Financement à 100% par l'Afdas pour les publics recevables. Dans la limite des budgets disponibles.


Estelle PANTALONE — 0476252195
com@chantiersnomades.com
www.chantiersnomades.com

Informations pédagogiques

Programme pédagogique

Présentation du stage :
Besoin professionnel :

Le jeu face caméra nécessite des processus de jeu spécifiques. Ce travail demande à l’acteur une préparation particulière, de connaître les contraintes techniques et d’intégrer rapidement les exigences du réalisateur. Les comédiens peuvent ainsi, en se formant auprès de réalisateurs, développer leurs savoir-faire et leur employabilité.


Présentation des intervenants – compétences :

Stéphane Vuillet collabore notamment aux travaux de réalisateurs tels que Robert Guédiguian, et Jaco Vandormael. En 1996, il se lance dans l’écriture et la réalisation de ses propres films Le sourire des femmes (20’ 35mm) et Terre Natale (8’ 35mm). Parallèlement il anime de nombreux stages d’acteur devant la caméra, dans de nombreux pays, dans des écoles de cinéma et pour des acteurs professionnels (Marrakech, Beyrouth, Kinshasa, Liège, Lyon, Marseille, Toulouse, Chambéry…). Il participe à la création de La Parti Production avec Vincent Tavier, Philippe Kauffmann et Guillaume Malandrin. Dans ce cadre il produit le long métrage documentaire de Michel Caulea, Les derniers indiens (en court de finition). En 2004, il achève son premier long-métrage : 25° en hiver avec Jacques Gamblin et Carmen Maura, produit par Man’s films (Belgique), Lancelot Films (France), Alocatu (Espagne). Le film sort en salle dans 13 pays et obtient de nombreux prix dans les festivals internationaux. En 2006/2007 il réalise 6 épisodes de 7ème ciel série télé produite par la RTBF. Il développe actuellement Bandoneon une comédie sur le tango argentin, avec Need Productions et est en tournage d’un documentaire Nul N’est Prophète… sur la transition écologique produit par Domino Productions.
Depuis qu’ils ont tourné ensemble, Jacques Gamblin et Stéphane Vuillet partagent leurs réflexions et analyses du cinéma ainsi que leurs envies de transmission. Jacques Gamblin est acteur de théâtre et de cinéma et metteur en scène. Son parcours lui a valu un grand nombre de prix et nomination : Prix SACD 1995 : Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD, Césars 1997 : nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Pédale douce, Molières 2000 : nomination au Molière du comédien pour Raisons de famille, 2002 : Ours d'argent du meilleur acteur au Festival de Berlin pour Laissez-passer, 2003 : Meilleur comédien au Festival de la fiction TV de Saint-Tropez pour Dissonances, Molières 2007 : nomination au Molière du comédien pour Confidences trop intimes, Césars 2009 : nomination au César du meilleur acteur pour Le Premier Jour du reste de ta vie, Césars 2011 : nomination au César du meilleur acteur pour Le Nom des gens. Molières 2018 : nomination au Molière seul(e) en scène pour Je parle à un homme qui ne tient pas en place, Molières 2018 : Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé pour 1 heure 23'14 et 7 centièmes

Son regard aguerri et sa direction d’acteur ont déjà accompagné les acteurs lors du chantier nomade « Etre acteur au cinéma » à Chambéry en décembre 2013 et lors du Chantier nomade « La comédie au cinéma » en 2017.

Programme :

Stéphane Vuillet considère que le cinéma est un art magique. L’émotion naît, à un moment, imprimée sur la pellicule. On ne connaît aucune recette. Pour atteindre ce moment, il faut travailler, le chercher, savoir le repérer… Par contre quand cette magie opère tout le monde s’accorde à la reconnaître. Son travail de recherche avec les acteurs se base sur une idée exprimée par une phrase de Jean-Luc Godard : « Une fiction est un documentaire sur les acteurs que l’on a choisi ». Autrement dit « c’est des visages, des corps, des manières de parler, et des manières de raconter ensemble, que naitra l’émotion ».

La proposition de travail consiste à placer le groupe d’acteurs dans une pratique collective du cinéma, de l’écriture à l’interprétation, de façon à ce que l’appréhension du média soit la plus complète possible. Pour ce qui est de l’interprétation, Stéphane Vuillet et Jacques Gamblin travailleront à partir de ce qu’est chaque acteur pour découvrir comment, à sa manière singulière, forcément unique, il va entrer dans la peau d’un personnage.

En premier lieu et pour mettre en place une terminologie commune, un temps sera consacré à l’appropriation des matériaux de travail qui passera par les définitions du film choral, les différentes esthétiques, des notions et de la terminologie technique en vigueur au cinéma, du rappel des enjeux pour l’acteur, pour le collectif, etc.
Puis un travail d’écriture, individuel ou en petit groupe, sur un thème proposé par les intervenants sera engagé dans une contrainte similaire pour tous : le film choral.

Le travail se fera dans un premier temps au moyen d’improvisations, de plus en plus dirigées, de situations et de construction des personnages, avant d’adapter ces narrations pour un mode spécifiquement cinématographique (découpage de séquences, travail sur les ellipses, recherche de lieux de tournage, prise en compte de la caméra et du cadre, la valeur des plans, le champ et le hors-champ…). Ce travail d’« écriture » et de préparation, sera constamment accompagné d’improvisations, toujours filmées, pour permettre aux acteurs de ne jamais décorréler l’écriture et l’interprétation, et d’appréhender la recherche de cinéma de manière globale.

En marge des improvisations, un travail minutieux sera mené sur l’expérimentation d’une grande « neutralité » du jeu de l’acteur pour le cinéma. Moins jouer pour mieux jouer. Avec ces exercices et la direction précise des improvisations, les intervenants accompagneront chaque acteur dans la construction de son personnage, dans une liberté « dirigée » pour les contraintes du cinéma.

Jacques Gamblin viendra, à plusieurs étapes du travail, apporter son regard d’acteur aguerri pour accompagner les stagiaires dans le travail de jeu face caméra. Il s’agit ici de compléter et d’enrichir la formation des stagiaires grâce au travail de directeur d’acteur qui sera mené par l’intervenant en sa qualité d’acteur aux multiples expériences de jeu face caméra mais également en sa qualité de metteur en scène et donc de directeur d’acteur.

La présence d’un(e) chef opérateur, d’un(e) ingénieur du son, d’un(e) monteur et d’un(e) régisseur permettra aux stagiaires de comprendre les impératifs techniques du cinéma (prise de vue, prise de son, montage…), d’observer et prendre part à certaines tâches techniques très simples et sécurisées (assistance, perche, script, accessoires...) leur permettant une appréhension plus fine du langage cinématographique.


Processus Pédagogique :
La formation se composera de quatre parties. La première sera consacrée à la présentation du stage, la seconde au rappel des notions tant artistiques que techniques qui seront abordées tout au long du stage. La troisième partie sera consacrée au travail d’écriture du film choral et à des exercices de préparation au jeu et d’improvisations. La quatrième partie sera consacrée au tournage et donc à une mise en situation réelle permettant de développer et le jeu des acteurs et leur capacité à s’inscrire dans un travail collectif lié au cinéma. La formation se terminera par l’évaluation du stage et des acquis des stagiaires.

I) Présentation du stage (une demi-journée) :

Présentation de la formation par les Chantiers Nomades, Stéphane Vuillet et Jacques Gamblin.
Présentation de la structure, point sur les démarches administratives et l’organisation logistique de la formation. Présentation du lieu qui nous accueille, de sa démarche et du partenariat avec les Chantiers Nomades.
Les intervenants introduiront le sujet en présentant l’état de leur recherche et, par le biais de la transmission, engager les acteurs à partager leur processus de création.
Ils exposeront le déroulé et la progression pédagogique en corrélation avec ses objectifs ainsi que la perspective de mise en jeu au plateau permettant l’évaluation des acquis.
Ils reviendront sur le but du stage : Construire avec justesse, dans un cadre cinématographique, des situations et des personnages du film choral.
Présentation de l’équipe technique.
Présentation des stagiaires.

II) Appropriation des matériaux de travail (1 journée) :

Dans cette action de formation il s’agira d’aborder collectivement les spécificités du jeu au cinéma à travers le prisme du film choral.
- Définition des différents esthétismes du cinéma choral.
- Rappel des notions et de la terminologie technique en vigueur au cinéma.
- Présentation par les techniciens du matériel utilisé (caméra, son, lumière, banc de montage) et prise en main.

Cette partie permettra aux stagiaires d’acquérir un socle de connaissances et une terminologie commune.


III) Ecriture et préparation au jeu (5 jours) :

Se rencontrer et prendre conscience de son image lorsqu’on est filmé. Conception du projet film choral.
Le travail de cette première semaine se fera en partie « à la table » à partir des supports que les intervenants apporteront et des discussions autour de personnages et situations à travailler pendant le stage. Cette première semaine sera également consacrée à des « exercices » d’entrer en matière. Tous seront filmés puis visionnés et commentés.

- Travail sur le neutre face caméra : prise de conscience de son image. Se connaître soi-même et connaître les autres pour une mise en confiance. Analyses et commentaires.

- Ecriture ou adaptation de scènes. Le réalisateur également scénariste dirigera chaque séance d’écriture ou d’adaptation, mènera des séances d’analyse collective et accompagnera les travaux de réécriture et corrections.

- Faire « glisser » le stagiaire de sa peau « d’acteur » à celle du personnage. Une fois les petites histoires conçues dans leurs grandes lignes, le groupe entame un processus d’interview face caméra qui permet de rentrer dans la peau du personnage. Ce procédé permet de comprendre comment se réalise une distribution de rôles. C’est à partir de ces interviews que le réalisateur et le groupe de stagiaires analysent et comprennent la pertinence de tel ou tel acteur pour tel ou tel personnage. C’est au moment du visionnage de ces interviews que le choix des rôles s’établit pour chaque petite histoire qui viendront nourrir le film choral. Les acteurs qui ne tournent pas dans une séquence, sont techniciens pour cette même séance (voir plus loin). Les films tournés ont une vocation pédagogique et en aucun cas une vocation commerciale.

- Premières improvisations. Analyse et commentaires.


IV) Mise en situation (8 jours) :

Cette quatrième partie permettra aux stagiaires d’apprivoiser l’univers technique et la direction d’acteur spécifiques au cinéma. En réalisant collectivement le tournage des séquences travaillées face caméra dans les jours précédents, les acteurs seront confrontés à des prises de marques précises pour la mise en scène, les mouvements de la caméra, le point, la lumière, le script, le son…

Stéphane Vuillet réalisera les séquences filmées et co-dirigera, avec la participation de Jacques Gamblin, les acteurs afin de les aider à répondre aux exigences de la mise en scène et de la direction d’acteur.

- Mise en place des séquences : choix des espaces de tournages en intérieur ou en extérieurs (lieux privés ou publics. Le régisseur des Chantiers Nomades procède aux demandes d’autorisations et gère les déplacements), listing des besoins techniques (lumière, son, ..), élaboration du planning de tournage (définition des rôles de chacun : jeu, assistant, script, costumes, mise en place des décors et accessoires).
- Travail de préparation au jeu avant tournage d’une scène.
- Rappel des contraintes imposées par l’espace, la caméra, le son et la lumière liées à l’esthétisme choisi.
- Tournage des séquences sous la direction du réalisateur, de Jacques Gamblin et de l’ensemble de l’équipe technique. Chacun (chef opérateur, ingénieur du son et régisseur) accompagneront les missions simples et sécurisées prises en charge par les stagiaires (assistanat, script, perche, petite régie, accessoires, costumes, etc..).
- Reprise des scènes nécessitant un nouveau travail au plateau suite à l’analyse réalisée par les intervenants et l’ensemble du groupe.

Pendent la période des tournages, tous les stagiaires seront en permanence sollicités. Cela leur permettra entre autre :
- d'acquérir une conscience plus grande du rôle de chacun sur un plateau de cinéma, d’apprendre à y trouver sa place.
- d'être plongé dans le travail en permanence et de s'impliquer dans les séquences des autres interprètes.

Le travail d’analyse et de compréhension des modes de jeu face caméra se fait grâce, également, au temps consacré au visionnage des rushes avec le monteur, permettant la critique constructive, la perception des différences entre les objectifs et le résultat. Enfin assister à certaines parties du montage permet également de comprendre aussi comment le choix des séquences raconte ou non l’histoire voulue.

V) L’évaluation (une demi-journée)

Les acquis théoriques et pratiques (application au plateau) feront l’objet d’un processus d’évaluation continue durant tout le déroulé de la formation et en lien avec les objectifs pédagogiques. Un regard attentif sera porté sur l’engagement du stagiaire tout au long du processus de travail.

Un bilan pédagogique de la formation et des stagiaires, d’au moins deux heures, sera réalisé le dernier jour du stage, avec l’ensemble des participants, les intervenants et les Chantiers Nomades. Il sera composé de deux phases détaillées dans les modalités d’évaluation.

Informations complémentaires (méthodologie, ...)

Travail à la table :
- Définition de la terminologie et des concepts du cinéma et du film choral.
- Ecriture, adaptation de scène
- Analyses et commentaires
Travail au plateau :
- Exercices face caméra
- Travail des scènes.
- Tournage des scènes.
- Analyses et décryptages des intervenants après chaque exercice.

Supports fournis aux stagiaires

• Supports fournis aux stagiaires :
Textes, ouvrages, films, accessoires, décors, costumes.
• Moyens techniques à la disposition des stagiaires :
Plateau de tournage, matériel cinéma.

Évaluation pédagogique en fin de parcours.

I) L’évaluation de la qualité pédagogique du chantier nomade

A) Rappel des enjeux
- Apprécier l’adéquation de l’offre avec les besoins professionnels,
- Vérifier l’adéquation des moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés,
- Apprécier les liens de conformité avec les objectifs de départ,
- Relever les points forts et les points à améliorer sur les méthodes de travail utilisées,
- Vérifier l’adéquation des moyens de communication avec les usages de la profession,
- Vérifier la conformité du programme communiqué.

B) Le processus d’évaluation
Un bilan pédagogique d’environ deux heures est réalisé le dernier jour du stage avec l’ensemble des participants, les intervenants et les Chantiers Nomades.

Une fiche d’évaluation écrite est transmise aux stagiaires. Elle doit être retournée par courrier aux Chantiers Nomades. Cette évaluation à « chaud » est complétée, six mois après, par un deuxième questionnaire précisant l’application professionnelle de la formation.

Un rapport pédagogique a destination de l’OPCO et des financeurs publics est complété par les intervenants.

II) L’évaluation des stagiaires

A) Rappel des enjeux
Dans la pratique artistique, l’évaluation individuelle a pour but de mesurer la plus-value résultant de la mise en relation de points de compétences entre eux. Autrement dit permettre à l’individu d’avoir une conscience aigüe des mutations, de l’évolution, du renouvellement de sa pratique, à différentes échelles.

B) Le processus d’évaluation
1) En cours de formation

Les acquis théoriques et pratiques (application au plateau par exemple) font l’objet d’un processus d’évaluation continue durant tout le déroulé de la formation et en lien avec les objectifs pédagogiques. Un regard attentif est porté sur l’engagement du stagiaire tout au long du processus de travail.

2) En fin de parcours

2.1. Présenter le processus d’évaluation en amont du bilan et transmettre, aux stagiaires, des documents ressources :
- un document méthodologique sous forme de cible d’évaluation.
- un tableau d’évaluation.

2.2. Compléter individuellement les documents ressources :
- Nous laissons, à chaque stagiaire, 15 à 20 minutes de réflexion sur son parcours de formation pour répondre par écrit aux questions posées : « Sur quels points votre regard a changé ? Qu’est-ce que vous avez découvert ? » ; « Qu’est-ce que vous avez précisé ? » ; « Qu’est-ce qui reste à établir ? » ; « Quelles sont vos applications prioritaires ? ».

2.3. Produire collectivement un temps de parole.
- Chacun exposant, à tour de rôle et oralement, les réponses aux questions, permettant ainsi aux intervenants de réagir et compléter l’évaluation.

Cette méthode a une double valeur : du côté du stagiaire : la conscience et donc l’assimilation ; du côté des intervenants : l’accompagnement et non le jugement.

Formateurs

STEPHANE VUILLET REALISATEUR

JACQUES GAMBLIN COMEDIEN

CHEF OPERATEUR TECHNICIEN CINEMA

INGENIEUR SON TECHNICIENS CINEMA

MONTEUR CINEMA TECHNICIENS CINEMA

REGISSEUR GENERAL TECHNICIEN