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LES ESCALES BUISSONNIERES — LE STAND-UP TRAGIQUE

Mots-clés associés : Intermittents artistes hors musiciens - interprétation

Publié le 29/11/2019 — Produit n° 225044 — Code interne : A

- Etre capable de faire appel à ses propres émotions, savoir les utiliser et les maitriser pour rendre un personnage et une histoire crédibles et captivants.
- Savoir structurer le récit d’une histoire «vraie » -vécu, anecdote, souvenir- pour mieux saisir l’attention de l’auditoire.

Informations générales

Identification du stage

:

Comédien(ne)s souhaitant faire progresser le réalisme et la puissance émotionnelle de leur interprétation lors d’un seul-en-scène

:

Expérience professionnelle significative d’artiste-interprète en tant que comédien(ne).

:

Compétence visée :
Lors d’un seul-en-scène, être capable de convoquer son histoire intime et ses propres émotions pour les mettre au service du personnage, de la situation et des histoires racontées.

Objectifs pédagogiques :
- Etre capable de faire appel à ses propres émotions, savoir les utiliser et les maitriser pour rendre un personnage et une histoire crédibles et captivants.
- Savoir structurer le récit d’une histoire «vraie » -vécu, anecdote, souvenir- pour mieux saisir l’attention de l’auditoire.
- Maîtriser différents modes d’adresse à un public, une assemblée, lors d’un seul en scène

  • Du 07/09/2020 au 16/09/2020
    Réf. Afdas : 1930983

56h (8 jours - 35.0h/semaine - 2 jours d'interruption)
LYON (Auvergne-Rhône-Alpes)
12 stagiaires


Financement à 100% par l'Afdas pour les publics recevables. Dans la limite des budgets disponibles.


Laura DIMACOPOULOS — 0640285412
contact@escalesbuissonnieres.fr
www.escalesbuissonnieres.fr

Informations pédagogiques

Programme pédagogique

BESOIN PROFESSIONNEL :
D’après le « Baromètre des pratiques culturelles des français en matière de spectacle », étude Harris Interactive d’octobre 2017, pour plus de la moitié des spectateurs, l’essentiel reste de vivre et partager des émotions.
A la question : « Pour quelle raison principale vous rendez-vous à un spectacle vivant ? »
Pour plus de 57%, la réponse est : « Pour ressentir des émotions ou vivre quelque chose d’exceptionnel. »

BESOIN SOCIÉTAL :
« On n’a jamais eu autant besoin de partager son expérience de vie qu'aujourd'hui. Ce besoin de partage répond au sentiment qu'on vit dans une société de l'éloignement. Où l'on ignore ce que vivent les uns et les autres, où l'on met les gens dans des catégories, où le vécu de chacun n'est pas pris en compte par les politiques, qui s'en tiennent, pour décrire ce qui rassemble, à des grands concepts. Pour retrouver le sens de la communauté, il faut repartir des trajectoires individuelles. Parler de soi, mettre en mot sa réalité, lire dans les yeux de l'autre la reconnaissance de ce que l'on vit, cela donne de la force. Et cela retisse un sentiment d'appartenance, sans lequel aucun corps collectif ne peut exister. »
Pierre Rosanvallon, sociologue.

BESOIN FONDAMENTAL :
« Avec les neurones miroirs, les neurosciences commencent à comprendre ce que le théâtre sait depuis toujours. »
C’est par cette citation de Peter Brook que commence l’ouvrage intitulé « Les neurones miroirs », publié en 2006, premier livre à décrire ces neurones, qui s’activent de la même façon quand on réalise une action et quand on la regarde faire.
Dans le monde du spectacle, ces neurones ont suscité l’intérêt, car « ce que le théâtre sait depuis toujours », c’est que chaque action réalisée sur scène a une réaction physique chez le spectateur.
En passant au crible les spectateurs en train de regarder des spectacles de théâtre, les neuroscientifiques ont effectivement trouvé la trace de cette résonnance : plusieurs aires cérébrales s’activent, notamment celles associées à l’empathie (capacité de se mettre à la place de l’autre, de comprendre ses intentions, ses pensées et ses émotions).
Ces études suggèrent surtout que pour bien faire « résonner » le cerveau des spectateurs, l’acteur doit faire appel à des « émotions » précises pour chacune de ses actions.

Une émotion maitrisée et convoquée au bon moment est une garantie pour l’acteur : la garantie d’une interprétation crédible, puissante, partagée et ressentie par le spectateur.


PROGRAMME DÉTAILLÉ :

Dans une démarche de progression pédagogique cohérente, le travail sera réparti en deux grandes phases :
-La première sera consacrée aux histoires personnelles des stagiaires. Chaque stagiaire viendra au plateau nous livrer une histoire, en adresse directe au public. La consigne étant : raconter une histoire « vraie », vécue ou non par le stagiaire, mais dont il devra nous faire croire qu’il en est le protagoniste principal au moment où il la raconte.
D’une durée d’une dizaine de minutes, sans texte écrit, dramatique, bouleversante, hilarante ou absurde, cette histoire doit être « vraie ». Car c’est le réel, la véracité de l’histoire racontée qui va tisser, inconsciemment et instinctivement, le rapport du stagiaire à sa propre émotion.

-La deuxième phase sera pour les stagiaires l’interprétation au plateau de textes de « fiction », dans les mêmes modalités : seuls en scène et en adresse directe au public. Ces textes seront issus de la littérature et/ou du répertoire de théâtre contemporain. Les interprétations devront être faites dans le souvenir des sensations vécues et ressenties lorsque l’histoire racontée était « vraie ».

JOUR 1 - Intervenant : Loïc Varraut

PRÉSENTATION DU FORMATEUR

PRÉSENTATION DE LA FORMATION
Il est important, dès le début du stage, d’instaurer un climat de confiance. La première partie du stage étant dédiée aux histoires personnelles des stagiaires, il est impératif de rappeler que :
-le cœur du travail ne se portera pas sur le contenu des histoires racontées, mais sur ce qui a été ressenti par les interprètes au moment de l’interprétation;
-le contenu même des histoires et des évènements partagés ne sera abordé que du point de vue de leur structure dramatique.

Il sera également rappelé aux stagiaires les objectifs du stage :
-être capable de convoquer son histoire intime et ses propres émotions pour les mettre au service du personnage et de l’histoire racontée.

PRÉSENTATION DES STAGIAIRES
Un premier passage informel sera demandé à chaque stagiaire pour se présenter, en quelques minutes. Ce passage sera une manière de faire connaissance, et d’expérimenter de manière ludique et déguisée un premier passage seul en scène et en adresse directe.

LES HISTOIRES « VRAIES » - DÉBUT
Chaque stagiaire vient au plateau nous livrer son histoire « vraie » qui, d’après lui, mérite d’être partagée, racontée.
Il doit livrer cette histoire sur scène, en adresse directe au public. Le positionnement de l’auditoire est volontairement informel en début de stage : chaises en arc de cercle, pas de lumières spécifiques ni de micro pour l’interprète. L’objectif étant de trouver en premier lieu un geste simple de conteur : venir simplement partager une histoire, une anecdote, dans une mise en espace la moins inhibante possible, proche du groupe de parole.
D’une durée comprise entre cinq et dix minutes, sans texte écrit, dramatique, bouleversante, hilarante ou absurde, l’histoire racontée doit être « vraie ». Car c’est le réel, la véracité de cette histoire partagée qui va tisser, inconsciemment et instinctivement, le rapport du stagiaire à sa propre émotion.

ANALYSE ET COMMENTAIRES DU FORMATEUR
Après chaque passage, un temps de discussion est pris pour aborder les différentes questions posées par l’interprétation :
-Situation géographique de la prise de parole (au milieu de la scène, en bord de scène, au lointain, d’un côté ou de l’autre du plateau…)
-Positionnement physique (debout, assis par terre, sur une chaise, un tabouret…)
-Mise en place (silence pris avant de commencer, regards, sourires, gestes quotidiens ou codifiés vers le public, départ instantané du récit…)
-Engagement émotionnel général du stagiaire

Ce temps d’échange est primordial, car c’est le moment où les questions les plus importantes seront posées. Il ne s’agit pas de donner des réponses arrêtées, mais de soulever les questions que chaque interprète devra se poser avant de retourner en scène pour les passages suivants, toujours dans l’objectif de rendre son histoire émotionnellement crédible et captivante.

JOUR 2 – Intervenant : Loic Varraut

LES HISTOIRES « VRAIES » - SUITE
Chaque stagiaire vient au plateau nous livrer son histoire « vraie » une seconde fois.
Le premier passage était instinctif. Le deuxième passage doit être maitrisé.
Pour son deuxième passage, le stagiaire doit montrer plus de maitrise dans la manière dont il aborde et vient partager son histoire. Il doit suivre les pistes évoquées lors des échanges de la veille :
-positionnement dans l’espace
-structure dramatique de son récit
-attaque et désinence de sa prise de parole
-engagement général, rythme, pic émotionnel…


JOUR 3 - Intervenant : Loic Varraut

LES HISTOIRES « VRAIES-FAUSSES »
La troisième journée est une journée de transition : il sera demandé au stagiaire de venir livrer sur scène le souvenir d’un rêve, comme s’il s’était réellement produit. Cette consigne sera donnée à chacun de manière discrète et individuelle, afin de préserver le plus longtemps possible l’effet de surprise pour l’auditoire.
Ce rêve devra être raconté dans les mêmes conditions que les histoires « vraies » des deux premières journées de travail : le stagiaire interprète devra nous faire croire que le rêve est « vrai » et qu’il en est le protagoniste principal au moment où il le raconte.

L’histoire d’un rêve, les évènements et péripéties qui le composent ne sont par définition pas « vrais » car ils ne se sont pas produits dans le réel. C’est pourtant une histoire personnelle, intime, que le stagiaire a la sensation d’avoir « vraiment » vécue.
C’est à ce titre que l’étape du rêve sera intéressante et productive dans le déroulement pédagogique du stage. C’est une étape transitoire où le stagiaire devra aller puiser dans un souvenir émotionnel tronqué, et cependant tout faire pour le rendre crédible et véridique aux yeux des spectateurs.

ANALYSE ET COMMENTAIRES DU FORMATEUR
Après chaque passage, un temps de discussion est pris pour aborder les différentes questions posées à nouveau par l’interprétation, avec une importance particulière accordée aux problèmes de structure dramatique et de crédibilité dans l’interprétation.


JOUR 4

La quatrième journée est une journée de recul et de documentation, qui sera partagée en deux temps.
Le premier temps sera dédié à l’intervention de Nicolas Gabion, acteur et scénariste, pour un rappel des bases de la structure dramatique d’une histoire, d’un récit.
Le deuxième temps sera dédié à l’intervention d’Hélène Monier, doctorante et formatrice, spécialiste de la régulation émotionnelle.

RAPPELS THÉORIQUES SUR LES BASES DE LA DRAMATURGIE ET DU RÉCIT – Intervenant : Nicolas Gabion
- La structure en trois actes : une structure universelle
- Les ingrédients du récit : protagoniste, objectif, obstacles, conflits.
- Les trois niveaux de conflit / Savoir transposer des conflits d’une écriture de roman à la scène
- La colonne vertébrale du récit : incident déclencheur et climax
- Le thème : ce dont parle réellement l’histoire
- Les thèmes et contre-thèmes portés par les personnages
- Ligne d’intrigue objective / ligne d’intrigue subjective

LA RÉGULATION ÉMOTIONNELLE - Intervenante : Hélène Monier
- Les causes et manifestations de l’émotion
+ Définir ce qu’est une émotion (vs humeur, affect, valeur, sentiment)
+ Identifier et analyser les émotion : des déclencheurs aux conséquences... sur l’individu, sur le collectif, sur la relation
+ Comprendre comment les émotions sont construites (approches constructiviste et cognitive de l’émotion) : le rôle de la catégorisation et du langage
+ Appréhender la composante émotionnelle des « signaux faibles » et de la communication non- verbale
+ Questions-réponses

- Les ressources et stratégies de régulation des émotions
+ Identifier et analyser les facteurs de stress et d’émotions, et leurs conséquences
+ Connaître les différentes stratégies et ressources de régulation des émotions et leurs effets sur la santé et sur la vigilance (qualité du travail de comédien) : gérer son « body-budget »
+ Envisager le déploiement de ses compétences émotionnelles
+ Questions-réponses


JOURS 5, 6, et 7 - Intervenant : Loic Varraut

LE « SEUL-EN-SCÈNE » - DÉVELOPPEMENT SUR 3 JOURS
Les cinquième, sixième et septième journées sont pour les stagiaires le moment des passages en scène sur des textes de fictions.
Deux types de textes seront proposés aux stagiaires :
-monologues issus de la littérature contemporaine
-monologues issus du théâtre contemporain

L’expérience des trois premières journées de travail est capitale pour la bonne progression pédagogique des trois dernières journées. Ces deux temps doivent être appréhendés en miroir. L’objectif étant de garder en mémoire les sensations d’interprétation développées lors des passages en histoires « vraies » :
-positionnement instinctif et naturel du geste d’interprétation
-connexion avec son propre réservoir émotionnel
-crédibilité absolue de l’engagement

L’interprétation au plateau de textes de « fiction » doit être réalisée dans les mêmes modalités que lors des premiers passages : seuls en scène et en adresse directe au public. Les interprétations doivent être faites dans le souvenir des sensations vécues et ressenties lorsque l’histoire racontée était « vraie ». Les textes choisis seront d’une durée d’une vingtaine de minutes environ.

Le dispositif mis en place autour de l’interprète doit évoluer, pour progressivement l’emmener d’une situation de prise de parole « horizontale » à une prise de parole « verticale ».
Le stagiaire interprète passera :
-d’un plain-pied à une scène ou un plateau
-d’une voix nue à une voix sonorisée
-d’un éclairage d’ambiance à une lumière spécifique de représentation
Il devra également passer du texte improvisé au texte lu et/ou su.

Ces trois journées seront ponctuées par des visionnages d’extraits de films, avec des prestations « historiques » d’acteurs de cinéma, sur le mode qui nous intéresse ici : monologue à fort engagement émotionnel.
Analyse et commentaires du formateur


JOUR 8 - Intervenant : Loic Varraut

SYNTHÈSE / MISE EN SITUATION RÉELLE
Chaque stagiaire présentera devant les autres participants et le formateur le seul en scène qu’il aura travaillé lors des trois jours précédents dans des conditions les plus proches possibles de conditions de représentation réelles (mise en lumière, possibilité pour les stagiaires de diffuser une musique ou un environnement sonore pour les accompagner durant leur interprétation)

BILAN
- Résumé des notions du stage
- Conseils et ressources
- Bilan pédagogique

Informations complémentaires (méthodologie, ...)

METHODE PÉDAGOGIQUE :
- Exercices :
Jours 1, 2 et 3 (les histoires « vraies », les histoires « vraies-fausses »)
Evolution progressive de la difficulté des exercices proposés.
- Entraînement :
Développement d’un seul en scène au cours des jours 5,6 et 7
Mise en situation réelle
Présentation pour chaque stagiaire du seul en scène travaillé lors des jours 5, 6 et 7 (jour 8)
- Exposés / cours théoriques :
Rappels théoriques sur les bases de la dramaturgie et du récit, exposé sur la régulation émotionnelle (jour 4)
- Entretien avec des professionnels :
Des échanges sont menés régulièrement avec les formateurs, professionnels expérimentés en activité
- Débat, discussion :
A l’issue du débriefing des travaux (passages en scène) réalisés par les stagiaires

Supports fournis aux stagiaires

- 1 grande salle de travail (100 m2) équipée en éclairage scénique
- 1 système de diffusion son
- 1 vidéprojecteur + écran

Évaluation pédagogique en fin de parcours.

L’évaluation est continue tout au long de la formation.
Des retours individuels et collectifs sont effectués par le formateur à l’issue de chaque exercice.

EVALUATION EN FIN DE STAGE
Elle s’effectue lors de la synthèse/mise en situation réelle proposée le jour 8
Le formateur évalue l'acquisition des objectifs pour chaque stagiaire à l'aide d'une grille d'évaluation dont les critères ont été déterminés en amont par le formateur et le responsable pédagogique.
- Des bilans et synthèses personnalisés sont effectués par les formateurs.
- Une attestation de fin de formation est systématiquement remise à chaque stagiaire.

Formateurs

Nicolas Gabion Comédien, Scénariste

Loic Varraut Comédien, auteur/adaptateur

Hélène Monier Assistante de Recherche et d’Enseignement, spécialiste de la régulation émotionnelle