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COMPAGNIE RL — DEVENIR STORYTELLERS

Mots-clés associés : Intermittents artistes hors musiciens - art dramatique

Publié le 14/11/2019 — Produit n° 222880 — Code interne : A

Concevoir, élaborer, raconter, mettre en jeu, en écriture et en scène son histoire.

Informations générales

Identification du stage

:

Acteurs, metteurs en scène, réalisateurs, conteurs, comédiens-auteurs, comédiens-coaches

:

Expérience de jeu ou de mise en scène d'au moins 2 ans

:

Trouver la force de sa propre présence scénique.
Apprendre à savoir observer ce qui nous entoure, savoir le rendre théâtral et le transformer en appuis de jeu pour l'acteur.
Savoir raconter de manière convaincante, entraînant le public dans son univers, ses émotions, dans sa propre manière d'appréhender les choses, dans son propre imaginaire pour enflammer l'imagination des spectateurs.
Donner libre cours à l'expression de sa fantaisie et de son imagination (improvisation structurée). Apprendre l'importance narrative des gestes et de la respiration autant que celle de la parole.

  • Du 13/07/2020 au 31/07/2020
    Réf. Afdas : 1930761

105h (15 jours - 35.0h/semaine)
PARIS 18 (Ile-de-France)
12 stagiaires


Financement à 100% par l'Afdas pour les publics recevables. Dans la limite des budgets disponibles.


Bernard DJAOUI — 0155797610
compagnierl@wanadoo.fr
compagnierl.com

Informations pédagogiques

Programme pédagogique

Situation contemporaine et rôle du storyteller :

Au tournant du millénaire le théâtre a déserté les territoires de la narration. Entre fragmentation et déconstruction, il a fait voler en éclats les fondations traditionnelles de l'art dit dramatique - l'action, les personnages, la fable, le texte, la fiction, l'illusion - pour réinventer des formes pluridisciplinaires.

Depuis quelques années, on a vu se dessiner sur les scènes européennes deux grandes orientations qui peuvent être perçues comme l’héritage du théâtre postdramatique. D’une part, l’« écriture de plateau », d’autre part, le « théâtre néo-dramatique ». Dans l’une comme dans l’autre apparaît un invité inattendu : le récit.

L’irruption du récit n’est pas chose nouvelle dans l’histoire du théâtre – c’était même un des morceaux de bravoure du théâtre classique – mais ici il met en cause la distinction classique du dramatique et du narratif : le récit devient storytelling. Des histoires se racontent à nouveau sur les scènes de création contemporaine.

Grandes épopées, théâtre documentaire ou mises en scène de l'intime, l'envie de raconter prend des allures multiples et des voies nouvelles. Cette nouvelle instance redéfinit l’imitation et la fiction. En lien avec ces nouvelles formes, l’acteur est amené à redéfinir à la fois son jeu et son je.


Contenus :

Les 3 semaines mettront l’accent sur trois différents aspects du storyteller.

La première semaine de travail sera majoritairement dédiée à l’approfondissement de tout ce qu’un acteur doit savoir pour lui permettre de captiver l’attention du public : le surgissement des images, la variation des rythmes, l’immersion totale dans la fable ainsi que la projection et l’évocation d’un sentiment. En parallèle, il commencera à ébaucher l’histoire qu’il formalisera dans un second temps.

La deuxième semaine portera plus spécifiquement sur l’écriture du texte afin que le matériau textuel soit dense et efficace, grâce à un aller-retour plateau/travail à la table.

La troisième semaine mêlera le travail d’acteur avec celui d’auteur et de metteur en scène donnant une forme au spectacle du storyteller.
Chaque stagiaire affrontera le travail en partant d’un récit provenant d’une expérience personnelle (autobiographique ou issue de sa propre imagination) ou tiré d’un livre (légende traditionnelle, fable, nouvelle) ou de la presse (fait divers). Nous aborderons ensuite l’analyse, la structure autour des points forts de chaque projet et le jeu selon la grille de techniques acquises en faisant une dramaturgie qui débute avec la recherche du matériau spécifique puis avec l’apport d’autres matériaux textuels.

Les résultats escomptés :
A la fin du stage les stagiaires auront développés une autonomie dans leur manière d’aborder la scène, une meilleure concentration, une connaissance approfondie de tous les instruments autour desquels l’art de l’acteur s’articule : la gestuelle, l’imagination, l’expérience de vie.
Ils auront aussi appris à rendre théâtral tout ce qui frappe leur sensibilité et ce qui le génère.
Et enfin, ils auront appris à raconter à travers leur personnalité sur scène leur propre point de vue.

Développement de spécificités artistiques :
L’acteur en scène doit être préparé, fort et libre. Sa liberté réside dans sa capacité à donner libre cours à son imagination et à son émotion. C’est un acte de confiance que doit accomplir l’acteur envers lui-même. En revanche, le plus souvent, il met l’accent sur des choses périphériques, la performance, le résultat. Avec ce stage, l’acteur s’entraînera à mettre au centre le récit, que cela passe au premier plan, et non lui-même, l’acteur sera l’instrument de son récit libéré de la tension du résultat vers laquelle il dérive le plus souvent. Dans notre cas il ne démontrera pas, il sera, tout simplement. Il sera cette histoire, il sera ce personnage, il sera cette émotion. Et cela se déroulera dans l’instant.

Sujets abordés :

- Les techniques de base de la narration : la position du narrateur, la construction des images utiles pour traverser et faire traverser le récit, l’usage du rythme, l’espace scénique.


- La parole, le silence et le geste: la voix et l’utilisation de la parole comme instrument fondamental qui modifie le récit, les endroits où il est utile d’insérer le geste, les renvois et l’amplitude de chaque geste, le pouvoir des silences.

- Le choix du récit : extrait du fait divers, de la tradition orale, de l’histoire, d’un personnage existant…

- Création et utilisation des images : l’imaginaire dans lequel le narrateur et les personnages vont évoluer, les outils pour créer sa propre image, la relation au public.

- Comment passer du narratif au dramatique: le passage du « je » et du « jeu » du narrateur à celui du personnage.


- Récolte des matériaux : tout ce qu’il est possible de cumuler autour de l’histoire choisie : livres, vidéos, films, sons, musiques, sites web, documents de tout ordre, témoignages.


- Sélection des raisons et des matériaux : qu’est ce qui touche le narrateur à l’intérieur de l’histoire qu’il a choisi de raconter et pourquoi ? A quoi se réfère-t-elle ? Qu’est-ce qu’elle évoque pour le narrateur ? Dans quelle mesure est-elle liée à l’être et à l’existence propre à chacun ?


- Dramaturgie du récit : les différentes phases, l’événement déclencheur, le développement de l’histoire, l’intrigue et la fable, l’insertion des différentes citations, la conclusion.

Scansion :
Les rencontres se développeront selon trois phases :

Le travail individuel. Il sert à concentrer et développer la veine créatrice de chacun et résoudre les éventuelles difficultés.

Le travail à deux. Il servira à alimenter le développement des projets. Chaque participant développera un travail personnel en même temps qu’il prendra le rôle de story-editor afin d’épauler un partenaire de stage. Les stagiaires devront donc ainsi se soutenir les uns les autres en apportant des clés de réflexions et d’observations. Ils éviteront toutefois d’interférer dans la créativité de l’autre. Le rôle fondamental reste à la charge de son auteur, il ne s’agira donc qu’apporter une aide dans le parcours de travail du partenaire.

Le travail de groupe. Il servira de moment fondamental d’écoute et de partage des projets à travers une atmosphère bienveillante, protégée et stimulante pour la créativité. Il permettra, avant tout, de connaître le travail de chacun des participants et proposer de nouvelles clés pour le développement des projets.

L’objectif principal de cette phase permettra d’expérimenter et de renforcer les capacités de présentation et de « narration » en public de l’histoire qui aura été choisie. Nous insisterons sur le fait que chaque narration, doit captiver l’attention du public (en particulier s’il s’agit d’un public averti) en mettant l’accent, surtout, sur la force de l’oralité tout azimut (verbale, corporelle, vocale, plastique, spatiale, imaginative …).

Planning d'une journée type

Planning d'une journée type

Journée type semaine 1: 
10h-11h30 : Training 
11h45-13h : Analyse des textes des stagiaires 
14h-15h30 : Travaux à deux et/ou individuels avec les intervenants 
15h45-17h : Présentation scénique des travaux à tout le groupe
17h-18h : Analyse des travaux 



Journée type semaine 2 : 
10h-11h30 : Analyse des écritures de plateau 
11h45-13h : Travaux par deux et/ou individuels avec les intervenants 
14h-15h30 : Training 
15h45-17h : Présentation scénique des travaux à tout le groupe
17h-18h : Analyse des travaux 



Journée type semaine 3 : 
10h-11h30 : Travaux par deux et/ou individuels avec les intervenants 
11h45-13h : Présentation scénique des travaux à tout le groupe
14h-15h30 : Analyse des travaux 
15h45-17h : Training 
17h-18h : Présentation scénique des travaux à tout le groupe.

Informations complémentaires (méthodologie, ...)

Informations complémentaires (méthodologie, ...)

Pour devenir storyteller l'acteur, l’auteur et le metteur en scène se doivent de maîtriser à la fois les techniques de la narration au théâtre, le jeu naturel (structures psychologiques) et le jeu paradoxal (structures ludiques). Il est aussi nécessaire d’acquérir l’aisance pour passer de l'une à l'autre de ces trois possibilités afin de tisser des liens inattendus, surprenants entre l’histoire racontée, son aspect dramatique et le jeu avec le public.

Pour le jeu du storyteller, les stagiaires aborderont donc le travail en se confrontant à trois méthodes différentes et complémentaires.

D’abord ils pourront profiter des nombreux outils mis au point par les narracteurs (Marco Baliani, Ascanio Celestini, Laura Curino, Davide Enia, Marco Paolini) les acteurs-auteurs du récent mouvement du Théâtre de la narration ou Théâtre-récit développé en Italie dès les années 2000.
Ensuite ils auront l’occasion de se confronter aux stratégies que Stanislavski a élaborées à la fin de sa vie (Méthode des études ou Analyse-action) en passant par Maria Knebel et Anatoli Vassiliev. Ils seront invités à intégrer des éléments tels que événement, conflit, combat, actions (internes, physiques, verbales) perspective, structure, composition.

Enfin ils profiteront de l’héritage du théâtre ludique de Michael Chekhov (Méthode Synthèse-action) en passant par Michail Boutkevitch et Jurij Alschitz.

Supports fournis aux stagiaires

SUR LE STORYTELLING

« Du théâtre-récit au théâtre-témoignage. Eléments sur une récente dramaturgie italienne », Giampaolo Gotti, dans « Théâtre Contemporain, Orient Occident » vol.2, Ouvrage collectif dirigé par Brigitte Gauthier, L’entretemps éditions, Montpellier, 2012.

« Raconter des histoires - Quelle narration au théâtre aujourd'hui ? », Ouvrage collectif dirigé par Arielle Meyer Macleod et Michèle, Métis Presses 2012.

« Le Héros aux mille et un visages », Joseph Campbell, J’ai lu, 2013.

« Le guide du scénariste », Christopher Vogler, Editions Dixit, 2013.

«The Storytelling Animal», Jonathan Gottschall, Mariner Books; 2013
« La bottega dei Narratori », Ouvrage collectif dirigé par Gerardo Guccini, Dino Audino Editore, 2006.

« Pourquoi faut-il raconter des histoires ? » tome 1 et 2, Paroles recueillies au théâtre du Rond-Point par Bruno de La Salle, MichelJolivet, Henri Touati et Francis Crasnac, Editions Autrement, 2005.

« Le murmure des contes », Henri Gougaud et Bruno de la Salle, Desclée de Brouwer, Paris, 2002.

« The art of Storytelling », Marsh Cassady, Meriwether Publishing Ltd., Colorado Springs, 1994.


SUR LE JEU D’ACTEUR

« La Ligne des Actions Physiques », Constantin Stanislavski, textes réunis par Marie-Christine Autant-Mathieu, éditions L'entretemps, Collection Les Voies de l’acteur, 2008.

« L'Analyse-Action », Maria Knebel, Ed. Actes Sud-Papiers, coll. Apprendre, n° 23, juillet 2006.

« Ecrits sur le théâtre », Evgueni Vakhtangov, L'Âge d'homme, 2000.

« Être Acteur » et « L'Imagination créatrice de l'acteur », Michael Chekhov, Ed. Pygmalion, 1999.

Évaluation pédagogique en fin de parcours.

Évaluation pédagogique en fin de parcours.

Évaluation de la part des intervenants, auto-évaluation des stagiaires et bilan à deux, à la fin de chaque semaine à travers une fiche sur les critères suivants : - engagement personnel 
- évolution artistique 
- esprit d’équipe 
- prise de risque 
- préparation personnelle aux séances.

Formateurs

Sylvia BAGLI auteur et dramaturge

Giampaolo GOTTI metteur en scène et pédagogue

Alexandre LOUSCHIK comédien et coach d'acteur