LA COMPAGNIE — L'Acteur créateur : le vers racinien et autres langues, dirigé par Jean-Michel Rabeux

Mots-clés associés : Intermittents artistes hors musiciens - atelier d'auteurs classiques et contemporains

Travailler le jeu tragique c’est se plier à l’injonction d’une langue pour en extraire les beautés. Mais en étant le plus possible dans nos chairs, nos os, nos âmes. Nous allons chercher comment les langues tragiques d'hier et de maintenant peuvent, grâce à vous, actrices, acteurs, grâce à vos corps, à vos âmes, faire résonner leur chant.

Informations générales

Identification du stage

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Comédiens professionnels

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Expérience professionnelle du plateau

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LE VERS RACINIEN ET AUTRES LANGUES

Après un atelier mené sur ce même thème par Claude Degliame, actrice, c’est moi, metteur en scène, qui remet sur le métier cette problématique de la très paradoxale langue tragique.
Nous commencerons donc par Racine, dont la langue est elle-même un paradoxe, puisque pour nous faire partager le chaos des passions, elle use du comble de l’ordre dans la langue française : l’alexandrin.
Avec cette étrange matière, donc, et non en dépit d’elle, nous allons vivifier l’humain très réel, très concret, qu’elle contient, en mettant en jeu le « présent » de chaque acteur, son corps et âme d’ici et de maintenant, sa charge de vie, sa singularité. Il s’agit d’une implosion intense de tous les sens, mais intensément contrôlée par le respect des douze pieds, des brèves, des longues, des liaisons. C’est à ce prix du paradoxe ordre/désordre, passé/contemporain, que l’acteur parvient à arracher les vers du Temps, à les faire résonner, sonner dans les corps des spectateurs d’aujourd’hui, avec sensualité, brutalité, effet immédiat.
Travailler le jeu tragique (travailler quelque jeu que ce soit) c’est se plier à l’injonction d’une langue pour en extraire les beautés. Mais en étant le plus possible dans nos chairs, nos os, nos âmes. En partant de cet autre paradoxe, nous allons chercher comment les langues tragiques de maintenant peuvent, grâce à vous, actrices, acteurs, grâce à vos corps, à vos âmes, faire résonner leur chant. Notre boulot c’est : comment faire avec elles, comment les proférer, les dresser sur le plateau pour qu’elles pénètrent l’imaginaire des spectateurs, l’ensemencent ?
Pour Racine chacun choisira, dans toute l’œuvre, l’extrait qui lui convient. Pour les textes contemporains je propose de travailler des extraits du "Phèdra’s love" de Sarah Kane, du "Médée" de Jean René Lemoine, de "Au bord" de Claudine Galéa, et de" Hamlet machine" de Heiner Müller.

Jean-Michel Rabeux

  • Du 30/03/2020 au 17/04/2020
    Réf. Afdas : 1931188

105h (15 jours - 35.0h/semaine - 4 jours d'interruption)
SAINT-DENIS (Ile-de-France)
15 stagiaires


Financement à 100% par l'Afdas pour les publics recevables. Dans la limite des budgets disponibles.


Pauline ASSENARD — 0140213623
relationspubliques@rabeux.fr
www.rabeux.fr

Informations pédagogiques

Programme pédagogique

Le stage "L'Acteur Créateur : le vers racinien" s'inscrit dans le cycle de travail "L'acteur-créateur" inauguré par Jean-Michel Rabeux il y a plusieurs années.
"Un créateur, disons par exemple un écrivain, va chercher en lui, au fond de lui, des histoires, des souvenirs, des sensations, des secrets, des douleurs, des ridicules, des impudeurs, des délicatesses, et tout cela, il le jette sur la page. Et que fait d’autre l’acteur, le véritable acteur ? Il se jette sur le plateau, lui, être humain chaotique, mystérieux, unique, il se met en forme, pour en faire du théâtre. L’auteur met en mots, l’acteur met en voix, en corps, sueurs, larmes, vibrations physiologiques. C’est aussi précis qu’écrire, aussi inventif. Je fais les deux, et je le sais, que c’est pareil.
On dit de l’acteur qu’il est un interprète. Mais interprète de quoi ? Certes, d’un texte, le plus souvent, mais quand il n’y a pas de texte, ce qui parfois arrive au théâtre, il est l’interprète de quoi ? Sinon de lui-même ? Et quand bien même il y a texte, nous savons bien qu’il peut à loisir le faire apparaître, ou bien disparaître derrière lui, qu’il peut lui tordre le cou, ou lui donner vie pour toujours ; n’en déplaise aux intellectuels, l’acteur est premier et dernier au théâtre, alpha et oméga. Il agit et nous, les metteurs en scène, ne faisons que réagir à cette action de l’acteur.
Cela semble du paradoxe, c’en est un peu, mais c’est pour mettre en lumière ce retrait dans lequel on confine l’acteur, dans lequel il se confine lui-même le plus souvent. De lui on dit qu’il n’est pas créateur. Et moi je prétends et je cherche l’inverse, chez un acteur.
L’acteur n’est pas créateur au sens où il prendrait en main la dramaturgie du spectacle, ou le jeu de ses partenaires, ou les choix de scénographie, non, non, ça c’est un casse pied qui parle pour ne pas avoir à jouer ; l’acteur est créateur de lui-même, de ce lui-même dont le spectacle a besoin.
Mais tout ça, il faut que l’acteur le veuille. Il faut qu’il sache qu’il est un sujet ressentant, pensant, choisissant. Qu’il sache qu’il n’arrive pas « à vide » à une répétition, qu’il y arrive, en alerte déjà, du texte et de lui-même avec, ayant su aviver en lui la zone imaginaire, physique, musicale, impulsive, que sais-je, qu’il pense être la bonne entre lui et le texte. Evidemment, cette idée qu’il a derrière la tête, elle est faite pour être remise en question, par le plateau, par le travail des répétitions. Mais sans elle, rien ne peut se faire de vraiment rare entre un acteur et un metteur en scène. C’est mon avis, c’est ma façon de travailler, depuis toujours, c’est le sujet de ce stage. Chercher à pratiquer ça, cette position éthique de l’acteur."

Planning d'une journée type

Les différentes étapes de travail seront les suivantes :
- Lecture des textes à la table
- Passage au plateau
- Discussions/ Notes
- Restitution possible du travail sur scène à la fin de la période de travail (public privé et restreint, présentation gratuite)
- Entretien individuel avec chaque stagiaire à l’issue de la formation

Informations complémentaires (méthodologie, ...)

En amont du stage :
Dans un premier temps, Jean-Michel Rabeux étudiera toutes les candidatures ; après une première sélection sur dossier, il contactera de manière individuelle un certain nombre de comédien(ne)s afin d'en retenir 15 pour participer au stage.
Un travail préparatoire de certains textes ou d'un "parcours libre" pourra être demandé à chacun.

Pendant le stage :
Les textes seront le point de départ de la formation. Toute l’œuvre versifiée de Racine pourra être traversée, ainsi que des œuvres d'auteurs contemporains.

Présentation gratuite possible, à l’issue de la formation, du travail effectué devant quelques collaborateurs de la compagnie.

Supports fournis aux stagiaires

Nous préparerons en amont du stage le corpus de textes en lien avec les stagiaires et ce corpus sera remis à chaque stagiaire et servira de base au travail.
Une mise à disposition pour les stagiaires de l'espace de travail est possible en dehors des horaires de stage pour ceux qui le souhaitent. Matériel technique, costumes, accessoires et éléments de décors seront également mis à disposition si nécessaire.

15 stagiaires par poste de travail

Évaluation pédagogique en fin de parcours.

Évaluation pédagogique
- passages au plateau
- restitution publique gratuite (sous réserve)
- échange sur le travail en cours et la progression de chaque stagiaire et entretiens individuels avec Jean-Michel Rabeux à l’issue de la formation
- questionnaire remis à chaque stagiaire à l'issue de la formation afin de récolter leurs appréciations sur différents aspects du stage (contenu artistique, format, rythme, aspects logistiques etc.)

Formateurs

Jean-Michel Rabeux Metteur en scène

Vincent Brunol Assistant mise en scène